Pour gagner, la gauche ne peut renoncer aux classes populaires


Face aux tentations de changement radical de stratégie pour la gauche visant à tourner le dos aux classes populaires, voici ci-dessous le communiqué de presse des députés membres de Solférino 2012. Ce groupe entend conforter l’action de Martine Aubry à la tête du Parti socialiste et a publié le 28 mars dernier dans Mediapart la tribune «Rassembler pour 2012».

Pour gagner en 2012

la gauche ne peut renoncer aux classes populaires

« Dans une note récente, Terra nova propose un changement radical de stratégie électorale pour la Gauche. Nous devrions tourner le dos aux ouvriers, taxés de conservatisme et qui glisseraient irrémédiablement vers la Droite, voire le Front national. Cette stratégie du renoncement serait la seule utile afin de concentrer nos réponses sur un nouvel électorat constitué d’un agrégat incertain « avant tout unifié par des valeurs culturelles, progressistes » communes. Tout est décrit avec clarté : « La volonté pour la Gauche de mettre en œuvre une stratégie autour … des classes populaires nécessiterait de renoncer à ses valeurs culturelles, c’est à dire de rompre avec la sociale-démocratie. » !

Ce choix, défendu dans certains milieux bien pensants et ripoliné en modernisme, serait mortifère pour la Gauche. D’abord parce que ce qui a toujours été au cœur de la Gauche et qui l’a réunie est la volonté d’améliorer d’un même mouvement les conditions de vie quotidiennes des classes moyennes et populaires. Toutes les victoires de la Gauche se sont bâties sur ce principe, et notamment celle du 10 mai 1981.

Nous refusons ce retournement stratégique fondamental qui mettrait au second plan les questions économiques et sociales, en particulier l’emploi et le pouvoir d’achat. Au contraire, de la dignité au travail à la lutte contre les délocalisations, c’est par l’efficacité de nos réponses à ces questions que la Gauche sera utile et crédible, aujourd’hui comme demain.

C’est d’ailleurs l’orientation retenue dans le Projet socialiste, mis en discussion actuellement partout dans le pays. C’est ce que nous défendrons devant les Français pour gagner en 2012, en mettant les classes populaires et les classes moyennes au cœur du projet de la Gauche. »

(Source: Le Blog de Daniel Goldberg)

8 Comments on "Pour gagner, la gauche ne peut renoncer aux classes populaires"

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hé oui… mais il suffit pas de le dire, faut aussi faire le programme qui va avec!

Peut-être ai-je manqué la page, mais je n’ai pas vu dans le programme du PS de mesure pour lutter activement contre les banksters et la spéculation financière. Le capitalisme a vécu sa plus grosse crise de son histoire, il est en train de se refaire une santé d’enfer sur le dos des peuples en les rendant solidaires de son échec (politiques d’austérité, course à la dérégulation, autoritarisme des politiques économiques européennes) et que fait le principal parti de « gauche » de la 5éme puissance du monde ????????????????????????

heureusement que la « gauche » ne se cantonne pas au PS, il y a des partis qui construisent l’Union, le programme et la stratégie de combat que mérite l’histoire.

vive la République, vive la France!

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Bonjour,

Pages 12-13 et 14 de son projet le PS propose:

>Qu’au sein des entreprises qui ont une participation publique dans leur capital, les rémunérations soient comprises dans une échelle de l’ordre de 1 à 20

>Le maintien des exonérations de cotisations sociales sera conditionné à la conclusion d’un accord sur l’égalité salariale

>D’aligner la fiscalité dérogatoire de revenus comme les stock-options ou les attributions gratuites d’actions sur celle qui pèse sur les salaires

>A la place du PIB, élaborer un indicateur de développement humain. Publié chaque année, il sera basé sur les critères économiques traditionnels, mais aussi de justice et de cohésion sociale (inégalités de revenus, accès au logement), d’émancipation individuelle (accès aux études supérieures, accidents et suicides au travail) et de préservation de l’environnement (taux de recyclage des déchets, qualité de l’air).

>De séparer activités de dépôt et activités financières. Les banques traditionnelles ne doivent plus prêter l’argent des épargnants et des clients aux banques d’affaires, ni acheter des titres structurés par ces banques d’affaires.

>Une surtaxe de 15 % de l’impôt sur les sociétés acquitté par les banques et les établissements financiers

>Avec le Parti socialiste européen (PSE), le PS propose d’instituer une taxe sur les transactions financières de 0,05

>Établir une agence de notation publique sous l’égide de l’Eurogroupe


Outre ces propositions, lutter contre le capitalisme c’est aussi défendre les travailleurs : le PS propose notamment:

>Que dans le cadre d’un dialogue tripartite (Etat, organisations syndicales, organisations patronales) se déroule une conférence salariale annuelle, qui aura notamment pour mission de contribuer au rééquilibrage de la part des salaires dans la valeur ajoutée.

>De moduler l’impôt sur les sociétés selon que les bénéfices seront réinvestis – en équipements, en R&D, en formation, en salaire – ou qu’ils seront distribués sous forme de dividendes aux actionnaires. Dans le premier cas, favorable à l’emploi et à la production, le taux d’imposition passera de 33,3 % à 20 %. Dans le second cas, parce que l’économie réelle doit primer sur la finance, le taux d’imposition sera porté jusqu’à 40 %.

>De revenir notamment sur la défiscalisation des heures supplémentaires et remise en cause du repos dominical.

>De revaloriser le SMIC

>De supprimer les exonérations de cotisations sociales aux entreprises qui emploient un quota trop élevé de travailleurs précaires.

>De redonner les moyens à l’inspection du travail de faire respecter tous les droits des salariés.

>De rétablir la hiérarchie des normes en matière de droit social. Le niveau de négociation à l’échelle des branches sera privilégié, alors que la droite l’a marginalisé.

>De renforcer comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), notamment pour une meilleure prise en compte de la souffrance au travail, des nouveaux maux et des nouvelles pénibilités au travail.

>Dans le prolongement des lois Auroux, le droit des salariés à s’exprimer sur leurs conditions de travail sera consolidé

>La mise en place de nouvelles normes comptables européennes intégrant l’empreinte écologique et les critères sociaux (structure de l’emploi, niveau des rémunérations., etc.) dans le bilan des entreprises.

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concernant les pages « 12 à 13″ :
ces mesures sont pour la plupart bien intéressantes mais grandement insuffisantes!

Aucune de celles que vous avez citées ne pourrait empêcher une attaque spéculative contre la France comme celle qu’a vécue la Grèce !!
Réveillez-vous mince, c’est un combat contre la spéculation financière qui se joue, il faut mettre à genoux la finance, pas lui tirer l’oreille!

Pourquoi le PS entérine t’il le semestre européen qui conditionne le budget des nations européennes à un agrément de la Commission européenne?

pourquoi le PS abandonne t’il la grande idée réellement européenne d’harmonisation fiscale et sociale >interdite< par le traité de Lisbonne voté (aussi) par la plupart des membres du PS contre l'avis du peuple français?

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Bien sûr que si, la Grèce est dans sa situation en partie à cause des agences de notations qui dégradent la note de ce pays pour un imposer des taux d’intérêts énormes. Une agence de notation publique sous l’égide de l’Eurogroupe mettrait fin à cette situation. Conditionner le budget des nations à un agrément de la commission ? Quel pays acceptera de voir sa souveraineté ainsi remise en cause ?

Le PS n’a jamais abandonné l’idée d’une harmonisation fiscale et sociale en Europe et rien n’interdit dans le traité de Lisbonne d’aller dans ce sens c’est juste une absence de volonté de la majorité actuelle au parlement européen et des commissaires…

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Je suis désolé mais vous vous ‘trompez’ 2 fois.

1) – Le traité de Lisbonne considère dans ses articles 113 et 114 que l’unanimité des 27 est requise dans le domaine de l’harmonisation sociale ou fiscale (plus sur moyen de rendre impossible tout arbitrage), et que de toute façon le renforcement de la concurrence libre et non faussée doit être le seul objectif de toute harmonisation.

2) – La Grèce n’est pas dans cette situation a cause des agences de notations. Elle l’est parce que l’Union Européenne préfére laisser la Grèce emprunter sur les marchés (et se faire entuber par ceux mêmes qui ont dégradé sa note) plutôt qu’emprunter directement auprès de la BCE à des taux raisonnables (comme ceux dont profitent les banques qui vont à des taux de 1 à 2% auprès de la BCE ensuite prêter à des taux de 25% à deux ans à l’Etat grec). L’union européenne est dans une telle idéologie monétaire qu’elle préférer voir un de ses membres crever d’un déficit public égal à seulement 1% du PIB global européen plutôt que faire preuve de Solidarité.

Une agence de notation européenne ne constitue pas un bras armé du tout. Le bras armé c’est la BCE qui peut prêter aux Etats, le bras armé c’est l’interdiction de certains types de spéculation financière, le bras armé c’est l’interdiction de certains produits dérivés ultra toxiques (comme les CDS). Le bras armé c’est d’aller chercher les 3 banques françaises qui ont profité de la situation grecque (sur les 6 requins au total) et qui ont leur adresse à Paris et de leur foutre un procès pour trahison.

Vous avez l’air d’ignorer que le PSE a voté pour le semestre européen permettant à la Commission européenne de vérifier le budget des nations pour vérifier leur conformité à la doxa monétariste de manière antidémocratique.

Vive l’Europe des nations, mettons à bas le capitalisme financier, fini le bon social-libéralisme à la papa, merde, osons, ayons des couilles! Il faut mériter le mot « Socialistes » !

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Il y a la possibilité de passer au vote à la majorité qualifiée (clause passerelle)sur ce sujet si les Etats veulent vraiment une harmonisation… »une économie sociale de marché hautement compétitive, le plein emploi et le progrès social » figurent parmi les objectifs de l’Union…tout cela pour dire que les États, si ils souhaitent vraiment une harmonisation sociale et fiscale peuvent y parvenir, et si besoin la révision d’un traité, comme le montre l’actualité, n’est pas indispensable et pas impossible à réaliser donc ne nous n’avons pas à enfermer nos raisonnements dans des impossibilités techniques, simplement dans la réalité d’une Europe à 27.

Ok pour la BCE mais avec une agence de notation publique sous l’égide de l’Eurogroupe permettant d’évaluer la situation réelle du pays sans y avoir un intérêt financier comme c’est le cas pour les agences de notations actuellement qui font du profit sur le dos des Grecs

« Vive l’Europe des nations »…Je suis plus du côté de Monnet et Spinelli que De Gaulle concernant la vision que je me fait de l’Europe, donc: « In varietate concordia ! »

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hum… C’est plus votre programme qui est digne de De Gaulle que ma vision de l’Europe…à part ça, on va pas polémiquer éternellement sur le programme du PS.
« une économie sociale de marché hautement compétitive, le plein emploi et le progrès social figurent parmi les objectifs de l’Union »

cette citation n’amuse personne hélas…

Les raisonnements ne sont pas bloqués par des aspects techniques comme vous dites, mais par une 1) impuissance avouée des politiques à assumer une direction autre et 2) une doxa médiatique interdisant toute remise en question des objectifs de la construction européenne et entachée d’aneries comme l’ »europe qui protège », les « ensemble on est plus forts », les « vous comprenez, c’est la mondialisation », bref, les ressorts intellectuels de la social-démocratie.

L’Europe ne peut changer >que< par l'initiative de nations qui récusent les structures autoritaires actuellement en place en posant un Opt-out au traité de Lisbonne. L'europe ne peut pas se faire sans la France, et en posant un rapport de force réfléchi, on peut faire changer la donne substantiellement, et proposer une sortie de crise digne pour les peuples et sans pitié pour les rentiers.
L'Europe ne changera pas tant que les financiers et les orthodoxes monétaristes sont aux commandes, tant que le parlement européen est pourri par les lobbyistes, tant que le blocage à 27 se maintient.
Je ne vois aucun espoir hors du rapport de force.

Je vous conseille la lecture d'Emmanuel Todd, Frédéric Lordon, Paul Jorion, Michel Husson.

Je ne comprends vraiment pas pourquoi le PS et l'UMP s'attachent à cette lubie de rentiers qu'est l'Europe de Trichet, et pourquoi il n'y a que le Front de Gauche et Nicolas Dupont Aignan qui ont une vision réelle des mécanismes capitalistes en place.
Bref…

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les jeunes diplômés galèrent exemple ma fille 34 ans urbaniste à son compte et pourtant conseillère municipale verte depuis 7 ans dans mairie droite : sans rémunération elle consacre du temps à la tâche

il est temps de mettre fin au cumul et de dire combien gagne nos élus qui gardent la place au lieu de faire monter les jeunes

il faut permettre l’accès aux femmes et jeunes dans nos listes si nous voulons gagner 2012

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